2026 : lucidité, responsabilité… et confiance retrouvée
Chères lectrices, chers lecteurs,
Permettez-moi, avant toute chose, de vous adresser mes vœux les plus sincères pour cette nouvelle année. Que 2026 vous apporte la santé, la sérénité, l’envie de construire, et surtout la capacité de continuer à croire en votre métier dans un environnement qui, reconnaissons-le, redémarre.
L’IOBETTE entame sa nouvelle année avec une conviction intacte : notre profession reste indispensable, utile, structurante pour l’économie réelle, à condition d’accepter d’en assumer pleinement la responsabilité.
L’année 2025 nous a laissé un héritage contrasté. La reprise progressive de la production de crédits a redonné de l’oxygène à beaucoup d’acteurs, mais elle a aussi mis en lumière les failles persistantes du système : insuffisance du conseil, standardisation excessive des pratiques, pression commerciale parfois incompatible avec l’intérêt du client, et, plus largement, une tension permanente entre conformité juridique et logique économique.
2026 ne s’ouvrira pas sous le signe de la facilité. Elle s’ouvrira sous celui de la lucidité.
Un crédit plus encadré, mais plus exigeant
Dans ce premier numéro de l’année, nous avons volontairement choisi de traiter des sujets qui engagent directement la responsabilité des professionnels.
La décision de la Cour de cassation du 3 juillet 2024 sur le devoir de mise en garde et la prise en compte des revenus futurs nous rappelle que la solvabilité ne se raisonne plus comme une simple photographie. Elle devient une trajectoire. Mais une trajectoire qui doit être démontrée, justifiée, et juridiquement défendable. La projection financière n’est plus un outil de confort commercial. Elle devient un élément de preuve.
Dans le même esprit, la condamnation lourde de la banque par la Cour d’appel de Poitiers pour défaut de conseil en assurance emprunteur vient rappeler une vérité simple : l’assurance n’est pas un accessoire du crédit. Elle en est une composante essentielle, socialement et juridiquement. Et lorsqu’elle est mal conseillée, c’est toute la chaîne de confiance qui se rompt.
Ces décisions montrent que le juge du fond n’hésite plus à sanctionner, lourdement, concrètement, financièrement. Le droit du crédit n’est plus un droit théorique. Il est devenu un droit de terrain.
L’IOBSP au cœur du système
L’évolution du Code monétaire et financier, notamment avec la future rédaction de l’article L519-4-1, confirme ce que beaucoup pressentaient déjà : l’IOBSP n’est plus un simple intermédiaire technique. Il est un acteur de la protection économique du client.
Agir de manière honnête, équitable, transparente et professionnelle n’est plus un slogan. C’est une norme juridique.
Cela implique une transformation profonde de la culture métier. Non pas pour la rendre plus contraignante, mais pour la rendre plus crédible.
Dans le même mouvement, la réforme des règles de rémunération, à travers les articles L519-6 et L519-6-1, nous oblige collectivement à regarder une réalité parfois inconfortable : la manière dont nous rémunérons nos équipes influence la qualité du conseil. Désormais, le législateur ne se contente plus de le suggérer. Il l’écrit.
Le modèle de l’assurance devient la référence. Le conseil ne peut plus être drivé par la vente. La rémunération ne peut plus porter atteinte aux obligations de conduite. La gouvernance commerciale devient un enjeu de conformité.
Ce n’est pas une contrainte. C’est une opportunité de crédibilisation.
Une supervision bancaire plus stable, mais pas plus laxiste
Sur le plan macroéconomique, la décision de la BCE de maintenir des exigences de fonds propres globalement stables pour 2026 est un signal rassurant. Elle traduit la solidité du système bancaire européen, mais aussi la volonté de ne pas étouffer le financement de l’économie réelle.
Pour les IOBSP immobiliers, cette stabilité est essentielle. Elle limite la pression immédiate sur les taux, elle améliore la visibilité des politiques de crédit, et elle permet d’aborder l’année avec un peu plus de lisibilité.
Mais ne nous y trompons pas : la supervision reste exigeante. Les banques sont solides, mais sous observation permanente. Leur prudence dans l’octroi de crédit ne diminuera pas. Elle changera simplement de forme. Et dans cet environnement, le rôle du courtier reste central : traduire, expliquer, sécuriser, structurer.
Un métier en mutation, pas en déclin
On entend parfois que le métier d’IOBSP est fragilisé. Je crois au contraire qu’il est en mutation.
Il se professionnalise.
Il se juridicise.
Il se responsabilise.
Ce sont des signes de maturité, pas de faiblesse.
La période où l’on pouvait exercer ce métier sans culture juridique, sans compréhension économique, sans conscience des risques est définitivement derrière nous. Et c’est tant mieux. Car ce métier mérite mieux que des pratiques approximatives. Il mérite de la reconnaissance, de la crédibilité, et surtout de la confiance.
L’IOBETTE : accompagner, expliquer, structurer
L’IOBETTE continuera, en 2026, à tenir son cap : informer sans simplifier à l’excès, expliquer sans dogmatisme, alerter sans dramatiser, et surtout donner des clés de compréhension concrètes à celles et ceux qui font vivre ce métier au quotidien. Certaines rubriques seront abandonnées, et les portraits espacés, car ils sont très chronophages.
Mes vœux pour 2026
Je vous souhaite une année de dossiers aboutis, de clients satisfaits, de partenaires fiables, mais surtout une année où vous pourrez exercer votre métier avec fierté, en pleine santé, sans quoi rien n’est possible. Ménagez-vous !
Je vous souhaite aussi de continuer à vous former, à vous interroger, à remettre en question certaines habitudes, non par crainte des sanctions, mais par exigence professionnelle.
Très belle année 2026 à toutes et à tous.
Jérôme CUSANNO
Rédacteur en chef.



