Édito — Avril 2026
Courtensia ferme. Et après ?
La nouvelle est tombée sans fracas mais avec une certaine gravité : Courtensia, association agréée par l’ACPR, fermera ses portes faute d’avoir atteint le seuil de représentativité requis. Pour ses adhérents, l’urgence est réelle — il n’y a pas de transfert automatique, quoi qu’on ait pu lire ou entendre, et l’ACPR est formelle sur ce point. Chacun doit reprendre un parcours d’adhésion auprès de l’association de son choix, sous peine d’une radiation ORIAS aux conséquences bien concrètes. N’attendez pas.
Cela dit, prenons un peu de recul.
Ce qui se passe sous nos yeux n’est pas un drame. C’est un marché qui se structure, naturellement, inévitablement. Et cette structuration a une logique : chaque association prend ses couleurs. L’ANACOFI est historiquement l’association des CIF — elle en a la culture, la force, la légitimité, et elle est reconnue par cette population de professionnels. Endya, inexorablement, parle assurance : ses publications, ses événements, son ADN. Votrasso, elle, a choisi dès le départ de ne s’adresser qu’aux intermédiaires d’assurance. Ce sont des choix cohérents, assumés, respectables.
Mais vous, IOBSP, vous devez faire un choix stratégique.
Adhérer à une association à dominante CIF ou assurance, c’est légitime — et d’ailleurs, rien n’a jamais interdit d’adhérer à deux associations pour bénéficier d’informations réservées aux membres dans plusieurs domaines. Rien n’a jamais interdit non plus aux mandataires de banques d’adhérer volontairement à une association agréée. Mais si vous cherchez une information métier spécifique IOBSP, une formation taillée pour le courtage en crédit, une représentation réellement tournée vers vos enjeux quotidiens — alors la question se pose différemment.
L’éparpillement de notre profession a un coût. Un coût en représentativité, qui fait cruellement défaut aux IOBSP toutes catégories confondues. Un coût en lisibilité, en poids collectif, en capacité à peser sur les évolutions réglementaires qui nous concernent. Une profession soudée autour d’une association forte, c’est aussi la condition d’un business qui tient dans la durée. Quel est votre poids associatif et politique dans une association quand vous ne représentez que 20% de ses adhérents. On le sait : aucun ! Mais quand un responsable d’association parle aux pouvoirs publics et qu’il est fort de de sa représentativité dans le courtage de crédit, c’est partir gagnant.
Pour ma part, je connais l’AFIB pour y avoir développé et géré le juridique pendant quinze ans. Il y subsiste une culture forte — celle du courtage, celle de la clarté, celle de l’accompagnement concret. Je suis convaincu qu’ils sauront trouver une solution pour vous. Après tout, vous êtes des négociateurs.
Pour les contacter : contact@afib-bancassurance.fr — 01 39 12 20 02
Dans ce numéro d’avril, l’IOBETTE vous emmène plus loin que l’actualité immédiate. Michel Derhi nous raconte comment l’artisan du chiffre devient architecte du crédit. Nous explorons si la rémunération du courtier est vraiment incluse dans le coût total du prêt — une question qui mérite enfin une réponse nette. Courtisia fait son entrée comme le chaînon manquant de l’expérience client. La jurisprudence “Brad Pitt” est confirmée en cassation — et ses implications vous concernent. Le mandat d’intermédiation, ce séisme juridique qui fait trembler les banques. La géopolitique et son impact sur les taux de crédit. Et enfin, l’Europe s’ouvre aux entrepreneurs : ce que le passeport européen et la révolution EU Inc signifient concrètement pour les IOBSP.
Résolument IOBSP,
Jérôme CUSANNO
Directeur de la rédaction.

